( À PROPOS · MAIS PAS TROP SÉRIEUSEMENT )
Je ne fais pas
des photos.
J’essaie de retenir
ce qui file.
Notre
manifeste.
Il fallait un manifeste. Toutes les maisons sérieuses en ont un. Alors nous avons mis une veste, pris une voix grave et écrit ceci.
Nous croyons que les gens sont toujours plus intéressants lorsqu’ils oublient qu’on les photographie.
Nous croyons qu’une image peut être floue et pourtant terriblement précise.
Nous croyons au grain, au mouvement, aux noirs profonds, aux couleurs qui débordent et aux petits accidents qui deviennent la meilleure photo de la journée.
Nous croyons qu’un rire légèrement trop fort vaut mieux qu’un sourire parfaitement réglementaire.
Nous croyons que les rides, les taches de rousseur et les chemises sorties du pantalon après minuit sont des informations essentielles.
Nous croyons qu’un mariage de six personnes peut contenir autant de monde qu’un stade. Et qu’un mariage de six cents personnes peut tenir tout entier dans un regard.
Nous croyons qu’un photographe doit savoir regarder sans interrompre, guider sans commander et disparaître juste avant de devenir encombrant.
Nous croyons que la technique doit être impeccable afin que personne n’ait besoin d’y penser.
Nous croyons aux familles choisies, aux tribus improbables, au nouveau copain de la voisine des beaux-parents et à tous ceux qui n’étaient pas vraiment prévus sur le plan de table.
Nous croyons qu’une photographie réussie ne dit pas seulement « voilà ce qui s’est passé ». Elle murmure : « vous auriez dû être là ».
Nous croyons que le beau n’est pas toujours sage. Heureusement.
Nous croyons que chaque seconde compte. Surtout celle pendant laquelle quelqu’un cesse enfin de poser.
Alors oubliez
tout ce que
vous venez de lire.
Vivez. Je m’occupe des preuves.
Petit, timide.
Enfin…
extrêmement timide.
Rêveur aussi. Un brin dyslexique — mot particulièrement mal choisi pour les dyslexiques, entre nous — et sans le moindre artiste identifié dans l’arbre généalogique.
Alors, raisonnablement, je me suis dirigé vers les chiffres. Expertise comptable. Banque. Des colonnes qui tombent juste, des virgules qui savent où se mettre et des bilans qui ne bougent pas au moment où l’on appuie sur le bouton.
À côté, il y avait mon appareil argentique. Lui ne savait pas compter. Il prenait la lumière, le silence, les hésitations. Il gardait tout sans demander de justificatif.
Longtemps, j’ai photographié seul dans mon coin. Puis le numérique est arrivé. J’ai publié mes images sur des « blogs » — l’ancêtre d’Instagram, mais avec davantage de texte et probablement moins de gens en maillot de bain devant une salade.
Des inconnus ont commencé
à m’encourager.
Ce qui est une chose dangereuse : lorsqu’on encourage un rêveur, il finit parfois par prendre son rêve au sérieux.
J’ai donc choisi d’explorer cette voie dans le milieu le plus calme, le plus prévisible et le moins exigeant qui soit.
La photographie
de mariage.
Et quelles putains
de journées.

09:00 La coolitude absolue du marié.
10:17 Le stress entre discrètement, comme s’il avait été invité.
11:08 Les témoins font des blagues. Certaines sont bonnes. Ce n’est pas obligatoire.
12:32 La robe. Le silence. Puis tout accélère.
14:00 La cérémonie. L’église. Les regards qui se croisent.
17:15 L’apéritif, le vin d’honneur, les embrassades et les gens qu’on n’avait pas vus depuis quinze ans.
20:46 Les discours. Les larmes. Le repas qui devait durer une heure.
00:03 La danse.
01:28 La folie.
02:11 Que c’est bon.


personnes. Intime, dense, immense.
personnes. Une petite ville avec un plan de table.
mariages environ. Pour rester entièrement présent.
Des forêts.
Des palaces.
Des montagnes.
Et parfois le salon.
J’ai photographié des mariages intimistes, des fêtes grandioses, des personnalités publiques, des internationaux de l’équipe de France, des artistes, des premiers mariages, des remariages et de gigantesques Bar-Mitsvah que je surkiffe à chaque fois.
À domicile, dans une forêt, au sommet d’une montagne, dans un palace, en France ou ailleurs. Le lieu change. Les gens aussi. Ce qui ne change pas, c’est cette seconde très courte où tout devient vrai.
Vous l’aurez compris : j’adore ça. Je suis plus à l’aise dans un mariage qu’un poisson dans l’eau. Le poisson, lui, ne doit pas sauvegarder ses cartes mémoire.


( TRANSPARENCE COMMERCIALE ABSOLUE )
Je prends peu
de mariages.
Il faut donc se dépêcher de réserver.
Technique marketing pour créer de l’urgence.
Et si je suis déjà pris, il vous restera toujours la solution la plus simple :
décaler la datede votre mariage.Vos invités comprendront. Probablement.

Au plaisir
d’échanger
avec vous.
Vous me racontez votre histoire. Je vous raconte comment nous pourrions la photographier. Et ensuite, si le courant passe, on fait des images qui ne ressemblent qu’à vous.
ÉCRIRE À YANNICK ↗